Aimargas, ombras e lutz

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« Aimargas, ombras e lutz »

Les gardians sortent de l’ombre de l’arcade. Chevaux noirs, chevaux blancs tachés d’or et de rose, comme si la lumière elle-même s’était mise à galoper. Derrière, le village reste en suspens : le clocher veille, le drapeau claque, le ciel se déchire en bleu et en blanc. Devant, le sol devient jaune et rose, piste de sable et de fête, terre qui brûle et qui accueille.

Fanfonne ne conduit plus seulement ses bêtes. Elle conduit le temps.

Ainsi va l’allégorie « Aimargues, ombras e lutz ».

L’abrivado n’est pas seulement le transfert des taureaux des prés vers la piste. C’est le village qui se traverse lui-même : de la tradition à la fête, de la gravité à l’éclat, de la femme qui fut la première manadière à la statue qui désormais précède tout le monde.

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« Aimargas, ombras e lutz »

On dit qu’à Aimargues, le soleil ne se lève jamais tout à fait seul.

Il arrive d’abord par le clocher de Saint-Saturnin, aiguille de pierre plantée dans le ciel comme un fer de trident. Puis il glisse sous l’arche rouge des arènes, cette bouche ouverte qui avale le dehors et recrache le spectacle. Et enfin il frappe la statue de Fanfonne.

Elle est là, au premier plan, figée et pourtant en marche : chapeau large, silhouette claire sur le cheval blanc, le taureau noir et blanc qui s’élance déjà, cornes dressées comme deux questions. Autour d’elle, l’abrivado n’est plus seulement un cortège. C’est un passage.

Les gardians sortent de l’ombre de l’arcade. Chevaux noirs, chevaux blancs tachés d’or et de rose, comme si la lumière elle-même s’était mise à galoper. Derrière, le village reste en suspens : le clocher veille, le drapeau claque, le ciel se déchire en bleu et en blanc. Devant, le sol devient jaune et rose, piste de sable et de fête, terre qui brûle et qui accueille.

Fanfonne ne conduit plus seulement ses bêtes. Elle conduit le temps.

À gauche, tout est encore gris, pierre, silence, souvenir. À droite, tout explose : la course, la couleur, le présent qui refuse de mourir. L’ombre n’est pas l’ennemie de la lumière. Elle est son ombre portée. Sans l’une, l’autre n’aurait ni contour ni mémoire.

Ainsi va l’allégorie « Aimargues, ombras e lutz ».

L’abrivado n’est pas seulement le transfert des taureaux des prés vers la piste. C’est le village qui se traverse lui-même : de la tradition à la fête, de la gravité à l’éclat, de la femme qui fut la première manadière à la statue qui désormais précède tout le monde.

Dimensions100 × 81 × 4 cm
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